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Projet de fin d’études : Le choix du thème est une question de sensibilité
jeudi 7 août 2008, par Mohammed Bouziane

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Le choix du thème est avant tout personnel. Certes, il est conditionné par plusieurs paramètres (les encadreurs, la difficulté potentielle du thème, la gestion en termes de calendrier du projet, la taille de l’intervention) mais on doit toujours interpeller sa propre sensibilité, voire même sa conscience. Le Corbusier, lorsqu’il a énoncé ses théories, il l’a fait en se fiant à ses convictions personnelles, sa sensibilité innée, probablement à son instinct (un instinct que nous pouvons tous développer en amplifiant notre champs des connaissances ou notre culture générale). On découvrira par la suite, plusieurs années plus tard, que ses toits-jardins étaient les signes avant-coureurs de l’architecture écologique (toutes proportions gardées), de l’écologie tout court.

Ainsi, à l’heure de choisir sa thématique, il faut interpeller sa propre conscience et la communiquer aux autres. De plus, il faut faire exprimer la sensibilité que chacun a au fond son âme. Mais aussi, savoir l’exprimer.

En effet, on a tous une certaine sensibilité même les plus profanes d’entre nous. Le propre de l’architecte (et l’artiste en général) c’est donc de savoir l’exprimer à travers des œuvres (des projets).

Pourquoi donc la notion de conscience ? tout simplement par ce que c’est elle qui nous permet lorsqu’on manque des connaissances suffisantes de détecter "les anomalies", ce qui "cloche" à notre sens. De là, on peut dégager les problématiques qui nous permettent d’aborder en toute quiétude n’importe quel type de projet.

Exemple : Si jamais l’on est une personne qui aime se retirer dans les jardins ou autres places publiques. Une place publique en concret (disons la place Y). Et on constate à chaque fois que quelque chose cloche : "On aime bien cette place mais il y a quelque chose qui cloche". Surtout si on avait visité préalablement un autre lieu de même nature, dans une autre ville ou un autre pays (pourquoi pas ?) (Place X). (On cite ici la place à titre d’exemple, cette réflexion peut valoir pour d’autres thèmes, mosquées, administrations, universités, etc.)

On essaie, en premier lieu, par le biais de son intuition, de savoir quelles sont les raisons. Ces raisons "a priori" sont ce qui cloche. C’est ce qui permet, entre autres, de dégager la problématique.

Le projet de fin d’étude peut être donc une petite intervention de la taille d’un aménagement (aménagement d’un espace vert). Pour revenir aux places, qu’est ce qui distingue nos places de celles qui se trouvent en France ou en Espagne par exemple ?

Mon intuition (à moi) me dicte la notion de "complexité" si chère à Venturi.

Nos places sont plates, monotones (ici, c’est l’architecte qui parle), sans âme (là, c’est la conscience qui parle). Si jamais elles disposent d’un mobilier urbain (de qualité) ou d’un aménagement (un jet d’eau) elles sont mornes, et tristes (aucun usage de la couleur).

En revanche, les places (d’ici ou d’ailleurs) sont "joyeuses" parce que tout simplement "complexes"

1. Dans ces places une étude est accordée même à l’odorat. Plusieurs arômes et plusieurs senteurs sont à l’honneur. On plante des arbres (oui des arbres) spécialement parce qu’ils dégagent certaines odeurs qui peuvent contraster ou entrer en harmonie avec l’odeur des roses. D’autres (arbres), parce qu’ils ont de l’envergure (hauts) ce qui peut créer des contrastes avec le gazon (plat celui-ci).[Haut et Bas, grand et petit].

Une étude est consacrée aux différences de niveaux, les escaliers, leur type. Tout ça dans le but de concrétiser un peu plus la complexité. Nos places ne disposent en général que d’un seul niveau (Plat donc monotone, par conséquent "triste").

2. Dans la photo jointe en annexe (Place Georges Mulot, Paris XVème), on peut constater une donnée. La notion de complexité y est présente. Juste à travers la photo (vous imaginez si vous y étiez ?) on peut observer que malgré le fait qu’elle se trouve à l’extérieur (la rue) une sensation d’intérieur se dégage de cet espace urbain. C’est un espace extérieur et intérieur à la fois. Bref, c’est un espace complexe. Une petite analyse nous permettra de déceler les raisons qui font que cet espace peut paraître intérieur (La configuration spatiale essentiellement). Notre conscience et/ ou sensibilité nous dicte que c’est intime (mais cela s’arrête ici). Le savoir que nous avons nous permettra (en revanche) de dire que c’est grâce aux proportions des immeubles par rapport aux dimensions de la stèle que nous avons cette sensation de renfermé (donc intime !). Si ils étaient bas (les immeubles) ou la stèle inexistante, la sensation aurait été toute autre. A cette sensation (de renfermé), la forme circulaire y contribue largement. Aussi, le fait qu’il y ait un édifice derrière la stèle renforce nettement la sensation de renfermé. Bref, il y a tout pour que l’on se sente chez soi (à l’abri).

3. Toujours sur cette photo, on remarquera que les petites touches de couleur (vert et rouge en net contraste avec la couleur et la texture de la pierre) rendent le lieu vivant. Si ils étaient en grande quantité la réalité aurait été toute autre.

4. Enfin, abordons le macadam. Lorsque les automobilistes roulent sur ce type de revêtement, ils ralentissent, leurs véhicules par conséquent dégagent moins de bruit. Le caractère résidentiel est par conséquent respecté voire même renforcé. Le bruit qui se dégage du frottement des pneus avec la voie est spécifique ce qui va caractériser un peu plus cette zone (c’est ce qui va renforcer son caractère résidentiel et intime [sensibilité : Si c’était le contraire ma conscience m’aurait dicté que le goudron "viole" le caractère tranquille de ce fragment urbain]).

En conclusion, on dira que tout type de thème architectural peut être abordé de cet angle de vision en ce sens que c’est la conscience qui me permet de déceler "ce qui va mal" ou "ce qui manque", pour le dire autrement. Elle est grandement en relation avec l’expérience vécue. Elle dépend aussi de la culture générale acquise.

Source : Forum.journal3.net

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Responsable d'édition: BOUZIANE Mohammed. Enseignant au Département d'Architecture. Université des Sciences et de la Technologie d'Oran (USTO). "Mohamed BOUDIAF" (Algérie)

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Enseignant au département d’architecture de l’Université des Sciences et de la Technologie d’Oran.
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