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L’édification d’une ambassade américaine est toujours un évènement. C’est souvent l’occasion d’une nouvelle prouesse architecturale. L’inauguration de la nouvelle chancellerie US à Alger [Algérie] n’échappe pas à la règle. D’autant plus que cela a été l’occasion fournie pour prononcer un discours que l’on qualifie déjà d’historique...
On aurait aimé que l’on parle plus d’architecture : Les papiers de presse ne parle que des relations bilatérales, de la sécurité, de l’emploi, etc., ils ne parlent pas d’architecture ou d’art . Les Américains, avec les moyens qu’on leur connait, auraient pu couvrir "scientifiquement" l’évènement. C’est à dire qu’il auraient pu, en plus des communiqués de presse habituels, parler de l’architecte qui a dessiné l’édifice, du style qui le caractérise, du processus d’édification.
Aussi, on aurait aimé voir des images. On s’imagine mal la façade de ce qu’est la nouvelle ambassade US. On nous parle d’arabesque ou mauresque, oui d’accord, mais comment ?
Peut-être que dans le futur on nous parlera "terre à terre", c’est à dire de l’objet architectural. Comme ça, en analysant l’architecture, l’on pourra se projeter dans le futur la nature des relations algéro-américaines (ne serait ce que "psychiquement" ou virtuellement ). L’architecture n’exprime t-elle pas ce qu’il y a de plus authentique. Bref on attendra, et on est là pour ouïr.
Rédaction Journal3
Voici donc les deux articles de Ghania Oukazi parus à l’occasion in Le Quotidien d’Oran :
La secrétaire d’Etat américaine, Condoleeza Rice, estime que « l’Algérie est championne de la sécurité nationale et internationale, son économie a fait de grands progrès et sa société est en train de devenir plus ouverte que jamais ».
C’est par un message lu par l’ambassadeur américain à Alger que Rice a apprécié « le chemin parcouru par l’Algérie depuis qu’elle a « émergé en tant que nation indépendante ». Il y a, a-t-elle dit, « 46 ans que les Etats-Unis, sous le président John F. Kennedy, ont reconnu le nouvel Etat indépendant algérien » et y ont ouvert leur première ambassade. La nomination de William J. Porter en 1962 est, note Rice, « un signe déterminant des Etats-Unis à soutenir le peuple algérien dans la construction de sa nouvelle nation ». Son autre rappel historique, la secrétaire d’Etat américaine l’a voulu très explicite quand au désastre causé au pays par le fait colonial.
« En 1962, l’Algérie se remettait encore d’une guerre terrible, avec une économie brisée et la perte d’un dixième de son peuple », a-t-elle indiqué. Mais relève-t-elle « en 2008, l’Algérie est un leader reconnu en Afrique du nord et au-delà ». La secrétaire d’Etat américaine estime qu’aujourd’hui, l’Algérie « est championne de la sécurité nationale et internationale, son économie a fait de grands progrès et sa société est en train de devenir plus ouverte que jamais ». Elle ne manquera pas de rendre hommage à « son équipe » accréditée à Alger. « Je suis fière du rôle qu’a joué l’ambassade pour aider à développer notre relation avec l’Algérie ». Elle souligne que « nos diplomates ont coopéré avec des officiels algériens sur un large éventail de questions en même temps que les relations entre nos deux peuples se sont élargies ». Il faut croire qu’une « grande » amitié la lie à Robert S. Ford qui a bien accepté de revenir en 2006 en Algérie en tant qu’ambassadeur après y avoir séjourné de 1994 à 1997 en tant que chargé des affaires économiques, une période où le pays vivait une détérioration dramatique de sa situation sécuritaire. Elle doit privilégier cette relation d’autant que Ford a accepté comme « un bon soldat » sa nomination à Bagdad en tant que chargé des affaires politiques. Rice a voulu qu’il y retourne pour y avoir vécu plusieurs années. De par son expérience dans la région, Ford contribuerait peut-être à aider son pays à sortir du bourbier dans lequel il s’est mis depuis que son président Bush a décidé d’occuper l’Irak.
Ligne rouge et...élucubrations de journalistes
En attendant le 26 juin prochain, date de son départ d’Alger, Ford a, faut-il le rappeler, eu quelques « démêlés » avec le gouvernement Belkhadem qui l’a accusé d’avoir agi d’une manière peu diplomatique voire de « s’être ingéré dans les affaires internes du pays ». En fait, il était reproché à Ford de recevoir « régulièrement » les chefs de partis politiques et autres « invités ». Selon des sources américaines, « l’ambassadeur estime avoir le droit de recevoir qui il veut dans son ambassade, pourvu qu’il ne transgresse pas les règles d’usage diplomatiques ». Interrogé à ce sujet, Belkhadem avait, lors de la tenue du 11è congrès de l’UGTA, répondu simplement « nous demandons à tous les diplomates étrangers chez nous de respecter les usages de l’hospitalité et les règles diplomatiques universelles ». Ford aurait, selon des sources proches du ministère des Affaires étrangères, demandé « quelle serait la ligne rouge à ne pas franchir, on lui aurait répondu que le gouvernement algérien n’avait rien à lui reprocher et que ce sont juste des élucubrations de journalistes »... Ces mêmes sources nous diront au passage qu’à cette même période, « l’ambassade d’Algérie à Washington avait été convoquée par le département d’Etat pour donner une explication à l’attitude du gouvernement algérien à l’égard de l’ambassadeur américain à Alger ». L’ambassadeur américain a déployé, ces derniers temps, de grands efforts pour décrocher des budgets conséquents en vue de financier des projets au profit des universités, de l’éducation, de la justice. Rice en parle dans son message. « Maintenant, nous avons plus d’étudiants algériens aux Etats-Unis. Les avocats américains partagent leurs expériences et leurs idées avec des avocats algériens. Des journalistes américains font la même chose avec ceux algériens », a-t-elle souligné.
La coopération et « le confort extrême »
Rice espère en conclusion « développer nos relations encore plus dans le domaine de l’éducation, des échanges culturels, de la coopération judiciaire, des affaires et de la coopération sécuritaire ». Le message de Rice était lu hier par Ford à l’occasion de la cérémonie d’inauguration du nouveau siège de l’ambassade américaine à Alger en présence de cadres de l’Etat, des membres diplomatiques accrédités en Algérie, des représentants de la société civile et des médias ainsi que les employés américains et algériens de l’Ambassade. « Ce bâtiment, plus grand et imposant, représente les relations solides et en perpétuel développement entre nos deux pays », a affirmé l’ambassadeur américain. Pour lui, cette nouvelle construction « représente l’engagement américain à établir un partenariat durable en Algérie qui comprend le développement économique, la coopération pour la sécurité régionale, l’éducation, la justice, le secteur des finances et plus d’échanges entre nos deux peuples ». Il signalera, au passage, l’ouverture « de notre plus grand bureau des visas ». Ford fait savoir que « des lycées algériens dans 9 wilayas partagent des programmes d’anglais et d’informatique à distance avec des lycées américains ». Il affirme aussi que le chef de la délégation des hommes d’affaires américains, en visite en avril dernier à Alger, lui a dit que « des contrats de 300 millions de dollars ont été déjà signés ». Les Etats-Unis ouvriront selon leur ambassadeur « dans deux semaines des centres culturels à Oran et à Constantine en coopération avec les universités des deux wilayas ». Il estime que « cette nouvelle ambassade est le symbole de l’engagement américain pour accroître encore davantage nos relations dans les années à venir ». C’est Fatiha Selmane, DG Amériques qui, au nom du MAE algérien, notera que par « cette grande et belle réalisation, (...) par delà le confort extrême (...), les Etats-Unis bénéficient désormais des meilleures conditions pour se consacrer au développement et à la consolidation de la relation bilatérale liant nos deux pays ». Visites croisées, coopération multiformes dans des domaines d’intérêt commun, le tout a, selon elle, contribué à réaliser en 2007 un nouveau record dans les échanges à savoir 17 milliards de dollars. « Ils peuvent faire mieux et plus dans la voie d’un partenariat mutuel et bénéfique », dit-elle.
Ghania Oukazi, Quotidien d’Oran (21 mai 2008)
Joseph W. Toussaint, le directeur général des opérations de construction à l’étranger, indique que la nouvelle ambassade s’étend sur 15.000 m², « un espace sûr, sécurisé et commode ». Près de 200 ouvriers algériens ont contribué à sa construction aux côtés d’autres turcs. Pierres ramenées de Turquie et d’Italie, plantes algériennes pour un jardin « tropical », dit Toussaint, le tout donne « un bâtiment moderne répondant aux normes les plus sophistiquées en matière de construction, avec une touche architecturale mauresque (...) pour mettre côte à côte les cultures algérienne et américaine ».
Les Américains affirment ainsi que la nouvelle ambassade « n’est pas seulement un lieu de travail pour plus de 300 employés américains et algériens mais aussi un signe fort de l’engagement des Etats-Unis d’Amérique pour une présence permanente en Algérie et une preuve concrète de la solidité des relations bilatérales entre les deux pays ». Qualifiée par Toussaint de « bâtisse spectaculaire aux normes de construction énergétiques et écologiques en plus d’autres pour la nécessité de la sécurité incendie et physique », la construction aura coûté 91 millions de dollars avec, disent les Américains, 21 millions de dollars de bénéfice pour l’économie locale.
« C’est-à-dire une rentrée d’argent par l’achat du terrain, l’emploi d’ouvriers algériens et le paiement de certaines taxes de construction », nous disent des hommes d’affaires.
Ghania Oukazi, Quotidien d’Oran (21 mai 2008)
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Responsable d'édition: BOUZIANE Mohammed. Enseignant au Département d'Architecture. Université des Sciences et de la Technologie d'Oran (USTO). "Mohamed BOUDIAF" (Algérie)